Culture

Cinéma. Les Oscars les plus politiques

Cinéma. Les Oscars les plus politiques de l’Histoire?(Le Courrier International, 27/02/17) – La 89e cérémonie des Oscars a été rythmée par des déclarations engagées et des adresses à la politique controversée du président Donald Trump. Le palmarès, majoritairement partagé entre La La Land et Moonlight, a mis en lumière la volonté d’une plus grande diversité à Hollywood.

“Je voudrais remercier le président Trump. Vous vous souvenez, l’année dernière, quand on avait l’impression que les Oscars étaient racistes ?” a lancé Jimmy Kimmel dans son discours d’ouverture de la 89e cérémonie des Oscars. L’animateur star de la chaîne ABC, en charge de la présentation de cette nouvelle édition, faisait référence à la polémique #OscarsSoWhite (“des Oscars tellement blancs”) qui avait éclaté en 2015 face au manque de diversité à Hollywood. Ce dimanche 26 février au Dolby Theater, toutes les critiques étaient dirigées vers la politique anti-immigration controversée de Trump.

Des discours politisés

Pour Variety, “il était attendu” que les lauréats appelés à venir chercher leur statuette sur scène s’adressent à Donald Trump. “On ignorait en revanche à quel point il serait visé” au cours de cette cérémonie, dont le ton aura été pour le moins lourd et engagé.

Ainsi, l’acteur Gael Garcia Bernal, venu remettre une récompense, en a profité pour rappeler qu’il était “un travailleur immigré, un Mexicain, un être humain” et que, dès lors, il était “contre tous les murs”. Ensuite, c’est le réalisateur Rich Moore (Oscar du meilleur film d’animation pour Zootopia), qui s’est dit heureux qu’il soit encore possible d’être récompensé pour un film prônant que “la tolérance est beaucoup plus forte que la peur de l’autre”.

Selon le magazine, le moment politique le plus fort aura été sans conteste la remise du prix du meilleur film étranger au cinéaste iranien Asghar Faradi pour Le Client. Ce dernier avait failli être dans l’impossibilité d’assister à la cérémonie à cause du “Muslim Ban” lancé par Trump en janvier dernier (l’interdiction d’accès au territoire américain pour les ressortissants de sept pays à majorité musulmane). Finalement, le décret a été suspendu par la Justice, mais le réalisateur a choisi de boycotter la cérémonie et de faire lire son discours qui qualifiait “d’inhumaine” la politique de Trump. “Diviser le monde entre ‘nous’ et ‘nos ennemis’, c’est créer de la peur et une justification malhonnête de l’agressivité et de la guerre”, a-t-il lancé dans sa déclaration. “Je suis absent par respect pour mon pays et les autres nations qui ont été insultées.”

“Trump n’a peut-être pas regardé les Oscars mais il était bien présent ce soir”, ajoute Variety, qui se demande si ce n’étaient pas “les Oscars les plus politiques de l’Histoire”.

Un palmarès étonnamment éclectique

Alors qu’avec 14 nominations La La Land était considéré comme le grand favori de la soirée, le palmarès a été plus éclectique que prévu avec “une étrange splendeur”, conclut Variety revenant sur l’oscar du meilleur film pour Moonlight (après un caffouillage historique qui a vu Warren Beatty annoncer dans un premier temps la victoire de La La Land). Pour le Los Angeles Times, la victoire du drame poétique de Barry Jenkins face au grand favori est l’“un des moments les plus choquants et surprenants de toute l’histoire des Oscars”.

Ce film, qui porte sur la vie à Miami d’un Africain-Américain gay et pauvre, avec un budget de moins de 5 millions de dollars, était considéré comme un outsider”.

Même si les discours anti-Trump se sont enchaînés toute la soirée, le vrai pied de nez au président, estime le quotidien californien, est avant tout le palmarès de la cérémonie.

Cette nuit a servi d’opportunité à l’industrie cinématographique pour mettre en valeur sa diversité.”
Le Courrier International, Cinéma. Les Oscars les plus politiques de l’Histoire?

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