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L’Europe d’Umberto Eco

L’Europe d’Umberto Eco(Le Courrier International, 23/02/16) – L’auteur du Nom de la rose, décédé le 19 février, confiait il y a quatre ans sa conviction au journaliste italien Gianni Riotta : seule la culture permettra à l’Europe de survivre.

L’écrivain et sémioticien Umberto Eco accordait en 2012 un entretien au quotidien italien La Stampa. “Erasmus est à peine mentionné dans les rubriques économiques des journaux. Pourtant ce dispositif a créé la première génération de jeunes Européens”, expliquait-il, n’hésitant pas à qualifier le programme d’échanges universitaires européen de véritable “révolution sexuelle”. “Un jeune Catalan rencontre une jeune Flamande. Ils tombent amoureux, se marient et deviennent européens, de même que leurs enfants.”

Pour Umberto Eco, des programmes du type d’Erasmus devraient exister dans d’autres secteurs d’activité. Pour “les chauffeurs de taxi, les plombiers”, par exemple, afin de consolider l’Europe. Réaliste, il constatait que l’identité européenne est encore “superficielle”. Les intérêts politiques et économiques qui régissent l’Europe empêchent la construction de cette identité.

Ce ne sont pas les chefs d’Etat qui devraient apparaître sur nos billets de banque, poursuivait Umberto Eco, “mais des hommes de culture, ceux qui nous unissent : Dante, Shakespeare, Balzac ou Rossellini”.

L’écrivain concluait en faisant référence à un auteur français, l’essayiste Pierre Bayard (auteur de Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? éd. de Minuit, 2007) : “Des livres que nous n’avons pas encore lus peuvent nous aider à comprendre des cultures différentes de la nôtre. C’est ainsi que notre identité européenne deviendra plus profonde.”

Original source: http://www.courrierinternational.com/article/education-leurope-dumberto-eco

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