Gastronomy

Encore une petite boulette aux insectes?

Encore une petite boulette aux insectes?(R.Rossier – Tribune de Genève, 21/08/17) – Les burgers et les boulettes aux insectes vendus dès lundi dans sept grands supermarchés Coop ne sont pas partis comme des petits pains. Les clients les ont aperçus, s’en sont approchés, mais peu de consommateurs ont franchi le pas en les achetant.

«Je me méfie de cette nourriture. Et puis je ne sais pas dans quelles conditions ces insectes sont fabriqués. Je préfère manger du tofu», lâche une sexagénaire genevoise, juste après s’être servie de son article, qui jouxte les «Insect Burger» et «Insect Balls» aux vers de farine proposés par le grand distributeur.

Marie-Aimée, une femme de 64 ans, fait aussi la moue: «Ah non! Moi je suis Française, et bonne vivante. J’aime manger un poulet grillé avec des pommes frites!» Les jeunes sont plus tentés. Sans dire un mot, un jeune Asiatique s’empare d’un paquet de boulettes. «J’essaierai peut-être», avoue un jeune vacancier italien originaire des Pouilles.

Elle renifle la boulette…
Agustin, un Mexicain de 45 ans, n’est pas effrayé à l’idée de déguster ces aliments. «Dans mon pays, on mange depuis longtemps des sauterelles grillées, en particulier dans les campagnes», détaille-t-il. De manière plus anecdotique, il rappelle aussi que des fabricants d’alcool vendent du mezcal contenant une larve, le «gusano rojo» (le ver rouge). Et qu’il est de bon ton d’avaler la bestiole après avoir ingurgité l’alcool.

Agustin tourne et retourne le paquet de boulettes. Il estime que la quantité d’insectes – 24% – n’est pas suffisante, comme si le commerçant n’assumait pas réellement la vente de ces protéines. Le quadragénaire a aussi un hoquet quand il découvre le prix: 8 fr. 95 pour 170 grammes. «Trop cher», conclut-il.

Mais il finit par manger, avec satisfaction, quelques boulettes, crues alors que, sur l’emballage, il est indiqué de les faire dorer environ six minutes avec un peu d’huile dans une poêle, à feu moyen. Un Nigérian de passage à Genève est aussi habitué à l’idée de consommer des insectes, même s’il n’en raffole pas. Quant à Teresa, une jeune Tchèque, elle hésite un moment. Elle renifle une boulette, la croque… Verdict? «Ce n’est pas mauvais. C’est surtout très épicé.»

Les vers de farine sont en effet mélangés avec des pois chiches, des oignons, des œufs élevés en plein air en Suisse, du jus de citron, de l’ail, de la coriandre, du persil, du paprika et du cumin. Excusez du peu.

Allergiques s’abstenir
Selon Andrea Bergmann, porte-parole de Coop, il est trop tôt pour établir un premier bilan. «Les réactions de nos consommateurs sont diverses, ajoute-t-elle. Nous constatons que beaucoup de nos clients sont intéressés à découvrir de nouvelles saveurs et à enrichir leur alimentation avec des denrées alimentaires succulentes et écologiques.» Et la représentante du distributeur d’ajouter que «les insectes remplissent ces deux importants critères».

A l’étranger, de nombreux médias se sont intéressés à cet événement. Lundi matin, France Info ouvrait son journal avec cette information. «L’intérêt des médias étrangers internationaux est énorme», confirme Andrea Bergmann. Des télévisions ont tourné des images au sein des centres Coop concernés. C’est surtout en Allemagne, poursuit la porte-parole, que la résonance a été la plus forte. Les deux grandes chaînes publiques allemandes, ARD et ZDF, ont couvert l’arrivée sur le marché des burgers et des boulettes. Et cet intérêt ne s’est pas limité à l’Europe. Aux Etats-Unis, les télévisions Fox News et NBC s’y sont intéressées, tout comme le quotidien New York Post. Les agences nationales du Kazakhstan et de Turquie ont aussi relayé l’information.

Enfin, notons que ces produits doivent être rapidement consommés. Et qu’il est déconseillé aux personnes allergiques aux crustacés, mollusques et acariens de manger des insectes.

 

Encore une petite boulette aux insectes?