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L’invraisemblable histoire du couple pris pour un commando terroriste

L'invraisemblable histoire du couple pris pour un commando terroriste(E.Bastié – Le Figaro, 23/02/16) – C’est un invraisemblable imbroglio que raconte Le Parisien. Aux premiers jours de l’enquête après les attaques du 13 novembre, les enquêteurs sont persuadés que deux terroristes, encore non identifiés, accompagnaient les protagonistes du carnage. En effet, le soir des attaques, deux numéros de téléphone, l’un belge et l’autre français, ont borné à plusieurs reprises à proximité des lieux des attaques.
Le premier téléphone appartient à un individu parti de Belgique à 18h15 le vendredi 13 novembre en direction de Paris. Son téléphone borne aux alentours de 21h10 à proximité du Stade de France, soit environ dix minutes avant que le premier kamikaze ne se fasse sauter devant le stade de foot. Il reçoit à ce moment un appel d’une personne qui borne à Nation. Les deux portables se rejoignent alors dans le XIème arrondissement vers 21h30… au moment même où les commandos terroristes passent à l’action dans le quartier, mitraillant les terrasses de la Bonne Bière, du Petit Cambodge, du Carillon de Casa Nostra et de la Belle équipe. Le mystérieux duo borne à moins de trois minutes à pied de l’endroit où le dernier kamikaze se fait sauter, boulevard Voltaire. Les coïncidences pourraient s’arrêter là pour que le couple paraisse déjà suspect. Mais ce n’est pas tout. Les propriétaires des deux portables passent la nuit à Barbès, à moins d’un kilomètre de l’endroit où Salah Abdeslam a abandonné sa Clio, et à deux pas de là où il a acheté une puce téléphonique. Or Daech dans son communiqué postattentats évoquait une attaque dans le XVIIIème arrondissement. De là à penser que les deux individus pourraient constituer un duo de terroristes, il n’y a qu’un pas..
La propriétaire du portable belge avait un lien avec Jawad Bendaoud

Après une synchronie aussi troublante, les enquêteurs n’ont pu faire autrement que de mettre sur écoute les deux téléphones suspects. Mais ils se rendent rapidement compte que les individus ont peu à voir avec le terrorisme. La ligne belge appartient à une femme, Mademoiselle C., bien connu par la justice belge pour des faits de prostitution. Quant au numéro français il est celui d’un jeune homme de 26 ans, habitant le XVIIIème arrondissement.Les deux individus, convoqués par la police, ont livré leur version des faits. Ils n’étaient finalement qu’un couple en vadrouille, s’étant retrouvé pour le weekend à Paris.
Mais une circonstance encore plus extraordinaire vient donner à ces coïncidences un caractère encore plus rocambolesque. Il se trouve que la fameuse Mademoiselle C., call-girl de son métier, a été en lien avec le non moins célèbre Jawad Bendaoud, le logeur de Saint-Denis. Le 14 novembre, le portable de la jeune fille reçoit un appel d’un numéro belge, qui, dix jours auparavant, avait appelé… Jawad! Ce dernier, nous apprend Le Parisien, a piqué une colère quand on l’a sommé de s’expliquer sur ses rapports avec Mademoiselle C. «C’est pas possible. Sur la tête de ma mère que je parle avec personne. Je ne connais pas de terroristes!» a-t’il crié, avant de briser le clavier d’ordinateur du policier qui l’interrogeait.
Original source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/23/01016-20160223ARTFIG00122-l-invraisemblable-histoire-du-couple-pris-pour-un-commando-terroriste-le-soir-du-13-novembre.php