(S.Granel – FranceInfo, 02/06/20) – C’est devenu en accessoire indispensable à la vie de tous les jours. Dans l’espace public nous sommes désormais invités à sortir masqués. Un changement radical dans notre façon de vivre que le photographe Eric Traversié a choisi de traduire en art. Il a lancé un appel sur les réseaux sociaux et depuis les modèles, masqués bien sûr, affluent dans son studio. Une exposition de ces portraits originaux est en projet.

Son site internet le décrit comme “un photographe attachant, passionné par son métier”. Une passion qui transparaît dans les portraits masqués qu’Eric Traversié a réalisés. Frappé, comme tout le monde, par la violence de l’épidémie de Covid-19 et de ses conséquences, l’artiste qui réalise en temps normal des reportages événementiels ou des portraits pour des particuliers, a cette fois braqué son objectif sur un phénomène de société : le masque chirurgical. Disgracieux et inconfortable, il est pourtant devenu par la force des choses un compagnon inséparable. Un accessoire qui sauve des vies et interroge sur notre relation aux autres.

C’est ce changement de regard qu’Eric Traversié a voulu capter. Mi-mai alors que son studio allait rouvrir, il a proposé sur les réseaux sociaux des séances photos masquées. Le succès a été immédiat. Seuls, en couple ou en famille, les clients affluent. Eux ausi veulent conserver un souvenir de cette période historique dont ils pourront parler à leurs petits-enfants en disant : “je l’ai vécu”.

Le choix du noir te blanc accentue la dramaturgie du moment. Intensité d’un regard, expressions entre ombre et lumière en partie dissimulées par le masque. Ces portraits, forts et intrigants devraient prochainement faire l’objet d’une exposition. Histoire de regarder la crise droit dans les yeux.

S.Granel – FranceInfo, Portraits masqués d’Eric Traversié : l’œil du photographe sur cet inséparable compagnon de nos vies déconfinées